Qui joue, perd

Deux joueurs s’éternisent,
Devant un jeu en bois,
De face, ils rivalisent,
L’échiquier devenu proie.

Tous les coups sont permis !
Le plus mordant, le croit.
Pour le noble, ni traîtrise,
Ni coup bas font la loi.

L’un hurle au paradis,
L’autre choisi la foi,
Croyant, victoire acquise,
Conscients d’leur choix.

A la fin, sans surprise,
Le compère sans exploit,
Se désolidarise,
Gardant la Tour de Troyes.

Les dieux de justice,
Recadrant les guingois ?
Pour que chacun se dise,
Gagner ne fait pas loi.

Quelque soit l’entreprise,
Le spolieur est roi,
Et l’autre sans surprise,
Porte sa lourde croix.

A l’issue, mot se disent,
Les deux iront tout droit,
Verseront qui a Pise,
Où en terr’ de Montjoi

Les eaux de leurs vices,
Donnant ainsi à voir,
Fleurir ou périr lys
Bénis des aspersoirs.

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